1977

Six ans déjà ! Six ans de "gestion démocratique" et les Sévriens en redemandent. En mars, Georges Lenormand est réélu. Si durant son premier mandat la rénovation n'a guère avancé, il a néanmoins réussi à doter la ville des équipements collectifs qui lui manquaient. Sèvres a maintenant une piscine, un gymnase, deux stades et une bibliothèque. Georges Lenormand a renforcé son image de Sévrien attaché au mieux-être de sa ville, on en oublie presque qu'il est communiste. Mais voilà, Lenormand n'est plus tout jeune et le parti a déjà désigné son successeur en la personne d'un jeune aparatchik : Roger Fajnzylberg. Celui que ses amis apellent déjà, en privé, "monsieur le maire" a été parachuté à Sèvres pour préparer la réélection de Georges Lenormand au conseil général en 1976. Depuis, il a fait son trou.

Au lendemain des municipales il occupe le siège de premier adjoint et de président de la SEMI. Le parti, prudent, n'a pas voulu prendre le risque de lui confier la tête de liste en lieu et place de Geoages Lenormand, mais personne ne doute qu'avant la fin de son mandat il cèdera son fauteuil à Roger Fajnzylberg. Le futur patron de Sèvres sait que la première des priorités consiste à mener à bien la rénovation. Certes la tâche est énorme et le pouvoir politique enclin à aider un maire communiste mais les Sévriens supportent de moins en moins bien les terrains vagues et les palissades. Roger Fajnyzlberg prend le dossier en main. Il demande au Pact Arim de réaliser une étude sur l'aménagement de l'ilôt de Ville d'Avray et sur la possibilité d'une réhabilitation. Le Pact a l'habitude de ce type d'étude, son savoir-faire est reconnu par les aménageurs publics et privés. Les Caviens eux aussi sentent l'urgence et, tout éclatés, indisciplinés, polymorphes qu'ils soient, ils n'en restent pas moins capables de réclamer d'une même voix la réhabilitation du centre de Sèvres.

 
Doumé, au premier plan, et Anette tentent de convaincre le troisième garçon de grimper sur le mur !

L'idée qu'il est possible de réparer plutôt que de casser a pris corps rue des Caves. Un imposant échaffaudage est monté pour pemettre la réfection des façades. L'importance des travaux engagés force l'admiration des visiteurs, reste maintenant à convaincre les Sévriens, à faire en sorte qu'ils trouvent la rue des Caves jolie. Une exposition est organisée dans une petite salle prêtée par la mairie, le résultat est convainquant. Même Roger Fajnzylberg paraît séduit. Il emporte d'ailleurs la petite plaquette que l'imprimerie Alternative a sorti à cette ocasion. Tandis que l'idée d'une réhabilitation de l'ilôt fait son chemin, son occupation s'intensifie. Les tuyaux d'eau, tels des fils d'Ariane, sautent du 25 à un groupe de bâtiments qui bordent la ruelle de la Pointe et que l'on appelle "Le Hameau". Jean et Caro, Odile, Michel et Anne s'y installent. Côté rue de Ville d'Avray l'occupation se fait polymorphe. Les trois immeubles qui précèdent le jardin du 21-23 possèdent des boutiques. Bertrand installe un magasin de tissu au 12, Denis Moutereau un atelier de restauration de meubles au 10, Pierre Sved un restaurant au 14. Tout ce petit monde habite au 10, rue de Ville d'Avray. L'immeuble possède trois étages d'appartements et une aile qui se prolonge jusqu'au hameau. Le 10 n'a jamais été complètement vide, il reste un locataire,


Dans la cour du 25, l'Échafaudage

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